Les orages, c'était mieux avant ?

Bilans, synthèses et données générales sur les orages, la foudre et les tornades.
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Mathieu Brochier
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Les orages, c'était mieux avant ?

Message par Mathieu Brochier »

On en parle depuis quelques semaines sur les réseaux et chacun y ajoute son témoignage mais dans l'ensemble, les avis convergent. Les orages ont changé, produisent moins de foudre qu'il y a quelques années, souvent pluvieux. A l'échelle du pays, les déceptions semblent s'enchaîner. Parfois, quelques chanceux profiter d'orages plus esthétiques devenus rares. Si les deux saisons précédentes avaient déjà commencé à amorcer un changement, cette saison 2020 fait exploser ce gout amer, celui qui nous indique que les orages nous glissent entre les doigts.

J'ai personnellement replongé dans l'ensemble de mes images d'archives depuis 2008, redécouvrant les épisodes exceptionnels en vallée du rhône fin aout 2008, septembre 2009... 105 impacts capturés en photo en une seule soirée le 16 avril 2009. Plus de 60 impacts en mai 2013 sous un orage nocturne. Des dizaines d'impacts filmés et massacrés par ma vieille caméra alors que je n'avais pas de cellule en juillet 2013 dans les Alpes... L'année 2014 grandiose dans le centre au mois de juin puis à l'automne près de la Méditerranée... D'autres images me rendent nostalgique jusqu'en 2017. Après, les orages électriques sont devenus moins courants, puis relativement rares. :worried:

Météorage publiait un bilan 2018 exceptionnellement intense en terme de foudroiement. Pourtant, bien que ça n'ait pas été l'année ou j'ai été le plus disponible, je n'ai pas le souvenir d'avoir vécu des orages particulièrement marquants.
2018 : L'année la plus foudroyée
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Avec près de 725 000 éclairs nuage-sol et 296 jours d’orage, 2018 est l’année la plus foudroyée depuis au moins 30 ans.


Elle se classe devant 1995 (696 999 éclairs) et 1994 (663 337 éclairs). (source Météorage)
2019 en revanche se classe comme l'année ou la France a le moins été foudroyée depuis la création du réseau Météorage il y a 30 ans.
2019 : Année la moins foudroyée
Avec moins de 282 000 éclairs nuage-sol enregistrés, 2019 est l’année la moins foudroyée depuis l’existence du réseau Météorage. Ce niveau correspond à moins de la moitié du foudroiement enregistré en 2018.
https://www.meteorage.com/fr/ressources ... udroiement

J'ai pendant un temps songé à l'incidence des paramètres solaires sur l'occurence de foudre.
Ensuite est venue l'hypothèse des sols secs, du manque d'humidité.
Enfin, on m'a parlé des gouttes froides plus nombreuses par rapport aux véritables thalwegs en retrait, du manque de dynamisme...

J'ai au final l'impression qu'il est aujourd'hui difficile de trouver une explication sur ce changement.

Est-ce juste un simple ressenti, ou bien une réalité fondée ? Que se passe-t-il tout là-haut ?

J'ouvre ce sujet pour discuter de ce sentiment et tenter de trouver des réponses peut-être plus concrètes et plus scientifiques. :book:

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Damien_49
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Re: Les orages, c'était mieux avant ?

Message par Damien_49 »

Tu as cette étude qui existe et qui explique bien les choses : https://journals.ametsoc.org/doi/10.117 ... -18-0372.1

La raréfaction des orages en France (et en particulier dans le sud-ouest d'ailleurs) est donc climatologiquement une réalité
Fig. 16. Multiannual changes in the mean annual number of days with (left) thunderstorms and (right) severe thunderstorms, computed as a difference between mean annual values in 1979–97 and 1998–2017, based on ERA-Interim. Hatched gray polygons denote areas where ERA-Interim (and/or the metrics used to derive TDs) has been shown to considerably overestimate TDs (Fig. 3), so results obtained within these areas should be interpreted with caution. The definitions of a thunderstorm and a severe thunderstorm day are provided in Table 1.
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L'ERA-interim pour ceux qui se demandent ce que c'est, ce sont des réanalyses du CEPMMT https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9analyse_du_CEPMMT
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Martial
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Re: Les orages, c'était mieux avant ?

Message par Martial »

Je n'ai aucune réponse scientifique à apporter à ce sujet, mais c'est une impression que je partage complètement. Même en habitant une zone de haute activité orageuse, les orages ne sont plus aussi passionnants qu'avant. Leur nombre reste assez élevé dans le coin, mais photogéniquement parlant, quelque chose s'est perdu. Je dois prendre beaucoup plus de risques et m'exposer, pour arriver à sortir de la belle foudre.
Un bien triste constat, mais la passion ne faiblit pas !
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Vivien Laroche
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Re: Les orages, c'était mieux avant ?

Message par Vivien Laroche »

Je ne peux que partager ce constat, je note une vraie rupture depuis la fin de cette superbe saison 2014. Je ne parle pas de chiffres : nombre de jour d'orages, densité de foudroiement, ce sont des statistiques concrètes qui ne reflètent pas forcément l'intérêt plus subjectif d'une saison orageuse pour un chasseur d'orages. Plus qu'un orage dans sa définition scientifique la plus basique - tonnerre audible et une manifestation électrique visible si je ne dis pas de bêtises, ce qu'on cherche, c'est bien de belles chutes de foudre (visibles donc!) et des structures nuageuses (supercellules, arcus...).

Pour moi, la vraie différence ces 5 dernières saisons, ce sont des été qui ont été bien plus chaud que la normale. Pour beaucoup le réchauffement climatique, c'est à l'avenir une multiplication de tous les phénomènes extrêmes. Je pense que c'est un peu plus compliqué que ça : le réchauffement climatique, ce sera des masses d'air chaud de plus en plus chaudes et denses, et des masse d'air froid de plus en plus douces et de moins en moins denses. Forcément, ça va induire la multiplication de certains phénomènes, mais aussi peut-être la raréfaction d'autres...

Le grand-public résume souvent l'orage à la conséquence de la chaleur, des raccourcis qui font sortir nos yeux de leurs orbites héhé. Or ont sait que ces périodes de canicules durables ne sont que peu favorables aux orages, d'ailleurs celles-ci tendent ces dernières années souvent à s'interrompre sans que ça ne soit la conséquence d'une vague orageuse comme ça arrive lors de petits coups de chauds de quelques jours.

Bref je reprend mon idée de masses d'air chaud de plus en plus présentes, de masse d'air froid en retrait, la conséquence, c'est bien une baisse du conflit de masse d'air, et donc les situations dynamiques sont compromises, je pense que ça reflète le constat que les beaux talweg laissent place à de petites gouttes froides. Par contre, toute cette chaleur accumulée, dès que le baromètre descend, on se retrouve avec de l'évolution diurne, mais sans flux, désorganisée, assez pluvieuse...

Voilà je pense que ce sont ces anomalies chaudes, les gros conflits de masse d'air plus rares qui font que les grandes vagues orageuses violentes à l'échelle nationale laissent place à des situations moins photogéniques. Si le bilan des comptes, du point de vue statistique, ne se traduit pas par une baisse du nombre de jour d'orages (voire augmentation des orages faibles à forts), et d'une activité électrique marquée (la CAPE monte très vite au 1er marais barométrique quand ça cogne fort! - pour autant c'est souvent noyé), les orages qui nous intéressent, eux, se font plus timides. Moins de pré-frontaux, plus de marais-barométriques avec une forte humidité mais une dynamique qui manque

On le voit aux USA, où le mécanisme d'horlogerie qui se met en place à chaque printemps dans les Grandes Plaines a totalement capoté cette année, avec un genre de blocage en oméga qui ont fait stagner les hautes pressions sur le Centre USA, avec une dernière décade de mai historiquement calme.

Voilà voilà pour moi la perspective de voir la température moyenne prendre quelques degrés d'ici que je serai sénile ne me réjouis absolument pas dans ma passion des beaux orages...
Mais, pour tempérer un peu, je dirai que, de la fin de la décennie 2000 au début de la décennie 2010, l'activité orageuse a quand-même été particulièrement favorable aux chasseurs d'orages, en tout cas c'est ce que semblent dire les "vétérans". On a peut-être aussi été mal habitué :roll:
Canon 5D Mark IV - Irix 15mm f/2.4 - Sigma ART 24mm f/1.4 - Canon 50mm f/1.4 - Canon 100mm macro L - Sigma ART 70-200 f/2.8 - DJI Mavic Pro Plat.
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Damien_49
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Re: Les orages, c'était mieux avant ?

Message par Damien_49 »

Oui concernant le réchauffement climatique c'est assez complexe car d'un coté les études scientifiques disent que le réchauffement climatique devrait augmenter la CAPE en réchauffant d'avantage la surface et en mettant plus d'humidité dans l'air par évaporation. Mais de l'autre côté, un réchauffement disproportionné aux pôles devrait entraîner une diminution du cisaillement du vent dans les zones de latitude moyenne sujettes à de violents orages. Ainsi, un facteur rend les orages violents plus probables, tandis que l'autre les rend moins importants.

En fait on pense que globalement les orages seront moins nombreux, mais plus violents (avec de fortes disparités régionales comme l'article de mon post précédent l'a montré). Voir ici pour plus de détails : https://earthobservatory.nasa.gov/featu ... mateStorms

Si vous aimez la lecture, vous pouvez lire ça aussi, c'est assez complet sur cette question :
https://www.sciencedirect.com/science/a ... via%3Dihub
https://www.pnas.org/content/104/50/19719
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Maxime Daviron
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Re: Les orages, c'était mieux avant ?

Message par Maxime Daviron »

Je crois qu'on partage plus ou moins tous ce sentiment.
Vivien Laroche a écrit :
mer. juin 10, 2020 20:24
Voilà je pense que ce sont ces anomalies chaudes, les gros conflits de masse d'air plus rares qui font que les grandes vagues orageuses violentes à l'échelle nationale laissent place à des situations moins photogéniques. Si le bilan des comptes, du point de vue statistique, ne se traduit pas par une baisse du nombre de jour d'orages (voire augmentation des orages faibles à forts), et d'une activité électrique marquée (la CAPE monte très vite au 1er marais barométrique quand ça cogne fort! - pour autant c'est souvent noyé), les orages qui nous intéressent, eux, se font plus timides. Moins de pré-frontaux, plus de marais-barométriques avec une forte humidité mais une dynamique qui manque
Tu résumes bien les choses, je partage ce ressenti.

D'un point de vue purement basé sur l'observation, j'avoue qu'il y a de fortes dissonances, par exemple avec l'année 2018, classée dans les plus foudroyées de ces dernières années. Pour le coup, j'ai au contraire le souvenir d'une saison blindée de MCS excessivement pluvieux, remplis d'intranuageux, avec au contraire très peu de foudre. Le fait est que la majorité des foudroiements a justement dû avoir lieu au sein d'intenses précipitations, donc du point de vue purement esthétique, cette saison était à l'opposé de ce qu'on a tendance à rechercher.
Voilà voilà pour moi la perspective de voir la température moyenne prendre quelques degrés d'ici que je serai sénile ne me réjouis absolument pas dans ma passion des beaux orages...
Mais, pour tempérer un peu, je dirai que, de la fin de la décennie 2000 au début de la décennie 2010, l'activité orageuse a quand-même été particulièrement favorable aux chasseurs d'orages, en tout cas c'est ce que semblent dire les "vétérans". On a peut-être aussi été mal habitué :roll:
C'est aussi ce qu'on se disait quand on en parlait avant de lancer ce sujet oui. J'ai souvenir de la période 2007 - 2011 comme exceptionnellement intense, et de surcroît très riche en orages photogéniques. Jusqu'en 2009, alors que je débutais, je n'avais ni permis ni voiture, et devais me contenter de "chasser" dans les alentours directs de chez moi, dans un rayon d'un ou deux kilomètres. Pourtant au cours de ces saisons j'observais pratiquement autant d'orages qu'aujourd'hui en bougeant en voiture parfois assez loin, et ces orages étaient quasi systématiquement très esthétiques (bases élevées, beaucoup de foudre, beaucoup de nocturnes ou bien les deux à la fois, etc).
Damien_49 a écrit :
mar. juin 09, 2020 10:27
Tu as cette étude qui existe et qui explique bien les choses : https://journals.ametsoc.org/doi/10.117 ... -18-0372.1
Extrêmement intéressant, elle confirme effectivement pas mal de choses qu'on présupposait. D'ailleurs je trouve beaucoup de données utiles à de mes projets, je vais lire ça plus en détails... :roll:

Le point positif est qu'il y a des zones où au contraire les orages augmentent, mais pas tout proche !
Damien_49 a écrit :
mer. juin 10, 2020 22:08
Oui concernant le réchauffement climatique c'est assez complexe car d'un coté les études scientifiques disent que le réchauffement climatique devrait augmenter la CAPE en réchauffant d'avantage la surface et en mettant plus d'humidité dans l'air par évaporation. Mais de l'autre côté, un réchauffement disproportionné aux pôles devrait entraîner une diminution du cisaillement du vent dans les zones de latitude moyenne sujettes à de violents orages. Ainsi, un facteur rend les orages violents plus probables, tandis que l'autre les rend moins importants.

En fait on pense que globalement les orages seront moins nombreux, mais plus violents (avec de fortes disparités régionales comme l'article de mon post précédent l'a montré). Voir ici pour plus de détails : https://earthobservatory.nasa.gov/featu ... mateStorms

Si vous aimez la lecture, vous pouvez lire ça aussi, c'est assez complet sur cette question :
https://www.sciencedirect.com/science/a ... via%3Dihub
https://www.pnas.org/content/104/50/19719
Il me semblait bien avoir lu quelque part que l'imprédictibilité de l'évolution de la fréquence des orages serait très complexe à cause de ces différentes contradictions. J'espère qu'on ne se dirige pas vers des saisons blindées de MCS plein d'eau et d'intras, comme en 2018.

Bon on a de la lecture en effet... :thnaksjap:

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Eric Tarrit
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Re: Les orages, c'était mieux avant ?

Message par Eric Tarrit »

Je partage bien vos avis sur le manque de conflit de masse d'air. Les hivers sont de plus en plus doux, je ne sais pas si ça peu vraiment influencer les conditions de l'été, peu être pour les premiers orages de Avril/Mai. Mais ça confirme que les masses d'air froid ont du mal à descendre.

La quantité de foudroiement par année n'est pas vraiment représentative pour "nous". La plupart du temps ce sont les gros amas orageux qui font monter en flèche ce genre de stat. Mais rien d'esthétique la dedans. J'aimerais bien voir une année avec beaucoup d'orages (au delà des moyennes) et moins de foudroiement (dans la moyenne ou en deçà). La différence visuelle serait peu être pertinente...

Depuis la saison 2014 je n'ai pas souvenir d'avoir vu autant d'orages esthétiques en foudroiement. Un violent en 2017 en S&L si mes souvenirs sont bons, Will était dessus aussi. Mais bon c'est clairement moins fréquent.

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Vincent Lhermet
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Re: Les orages, c'était mieux avant ?

Message par Vincent Lhermet »

Je pense qu'on manque de recul pour tirer des conclusions définitives mais j'observe la même chose que vous dans le Languedoc (Gard / Hérault / Lozère en gros)...
Gros gros creux niveau foudre depuis... 2015 ! Ça commence à faire long et à peser sur le moral... :ninja:

Certes il y a eu quelques situations bien riches en foudre depuis 2015 mais la comparaison avec 2009-2012-2013-2014 et même 2015 est vraiment en défaveur des dernières années. Comme vous je constate une récurrence d'orages très pluvieux où l'activité foudre est soit faible soit noyée et donc invisible.

Après je parle vraiment pour une zone géographique relativement restreinte (mais qui est d'habitude parmi les plus foudroyées de France...), il n'y a qu'à voir, sur l'Est de PACA entre Var et Alpes-Maritimes j'ai l'impression que c'est l'inverse avec énormément de situations à belle foudre depuis 4-5 ans.

J'espère vraiment que ça n'est qu'un creux "cyclique" (2010 et 2011 avaient été relativement pourries ici avant le gavage intégral de 2013-2014).

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Maxime Daviron
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Re: Les orages, c'était mieux avant ?

Message par Maxime Daviron »

Vincent Lhermet a écrit :
jeu. juin 11, 2020 19:47
Après je parle vraiment pour une zone géographique relativement restreinte (mais qui est d'habitude parmi les plus foudroyées de France...), il n'y a qu'à voir, sur l'Est de PACA entre Var et Alpes-Maritimes j'ai l'impression que c'est l'inverse avec énormément de situations à belle foudre depuis 4-5 ans.

J'espère vraiment que ça n'est qu'un creux "cyclique" (2010 et 2011 avaient été relativement pourries ici avant le gavage intégral de 2013-2014).
Oui le sud-est tire clairement son épingle du jeu dés le tout début de saison, et cette année encore d'ailleurs. Décidément de grosses disparités selon les régions, comme l'observent les études partagées par Damien.

D'instinct j'ai tendance à douter qu'on puisse basculer dans une très longue période de déficit "du jour au lendemain", si un gros changement doit se manifester, ça me paraît plus probable par "pulsations", avec des cycles de quelques années. Mais bon, c'est une impression qui ne repose pas sur des fondements scientifiques, ça ne vaut pas grand chose.

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Tristan Bergen
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Re: Les orages, c'était mieux avant ?

Message par Tristan Bergen »

Je me permet d'apporter ma petite contribution au débat même si le recul ne remonte qu'à la fin des années 90 pour ma part. Je vais également rester cantonné à ma zone pour ne pas trop extrapoler.
Comme on le disait via les réseaux sociaux on a tous plus ou moins cette impression que les orages ont tendance à être moins présents ou même moins esthétiques depuis des années en France. De mon point de vue il y a plusieurs explications :

- Comme cela a été dit précédemment le début des années 2000 a été extrêmement actif près de la Méditerranée, notamment les automnes et les mois de septembre qui ont quasiment chaque année donné des dégradations violentes et des épisodes exceptionnels (2002, 2005, et j'en passe). C'est aussi à cette période là que l'intérêt pour la chasse et la photographie d'orage s'est développé pour bon nombre d'entre-nous. Alors peut-être avons nous été mal habitués sur ces périodes de récurrence de phénomènes extrêmes ? Encore aujourd'hui nous attendons chaque année le mois de septembre près de la Méditerranée pour les premières dégradations orageuses violentes pour se rendre compte que le mois de septembre n'est qu'une continuité de l'été et que ces dites dégradations n'arrivent finalement qu'en octobre la plupart du temps.

- Nous avons peut-être aussi ce problème (mais là on part plutôt sur de la psycho) d'avoir tendance à valoriser les souvenirs et de les généraliser. Un événement marquant aura tendance à être quelque peu accentué car c'est un souvenir, donc si celui-ci se démarque c'est forcément qu'il était exceptionnel alors qu'avec du recul il ne se serait peut-être pas autant démarqué. C'est un peu difficile a expliquer mais en gros un orage fort à violent quand nous n'avions pas encore autant d’expérience qu’aujourd’hui aurait pu nous paraître bien plus exceptionnel qu'il ne l'était en réalité. Mes souvenirs des automnes méditerranéens quand j'étais petit sont d'une violence extrême, mais peut-être que je n'aurais pas le même ressenti aujourd'hui...

Des dégradations orageuses nous en connaissons tous les ans avec plus ou moins d'intensité, comme cela a été dit certaines années se démarquent plus que d'autres, pareil pour le Sud-Est.

J'ai également remarqué que ce ressenti de "Le Sud-Est se gave depuis quelques années" revient souvent. Pour ma part je n'ai pas l'impression que ça ait changé plus que ça mais je pense que l'explication est simple, il y a beaucoup plus de chasseurs aujourd'hui dans ma zone qu'il y a encore 10 ans. Forcément nous ramenons plus de clichés et nous nous démarquons aussi car nous sommes l'un des régions les plus orageuses de France. Ce mythe du Sud-Est devenant un haut-lieu des orages en France est biaisé par le nombre de chasseurs présents dans la région (ou attirés par celle-ci) depuis quelques années. Cela a toujours été le cas, c'est juste qu'aujourd'hui les clichés sont bien plus nombreux.

Au début des années 2000 les chasseurs se comptaient sur les doigts d'une main ici. En discutant avec l'un d'entre-eux (Lorenzo83 pour ceux qui connaissent) on se rend compte que ça n'a pas vraiment évolué ici. Les fameuses situations très esthétiques (la plupart du temps les retour d'Est ou les violents orages diurne du printemps) ont toujours été présentes avec des dégradations exceptionnelles certaines années comme on en connait encore parfois. Une certaine nuit d'Août 2005, un orage isolé avait stationné pendant des heures sur l'Esterel et, en tant que passionnés, nous attendions une situation similaire depuis des années, qui s'est finalement produite en septembre de l'année dernière.

La seule chose que j'ai pu remarquer dans les Alpes-Maritimes est la difficulté qu'ont aujourd'hui les orages diurnes à s'étendre vraiment jusqu'au littoral. Entre 2000 et 2010 ce genre de situation arrivait très souvent entre Mai et Juillet avec des orages quasi-quotidiens qui arrivaient toujours à se maintenir jusqu'aux premières collines, chose qui n'est quasiment plus d'actualité depuis 2009. Seul ce mois de Juin 2020 semble renverser la tendance mais cela nous fait quand même un "trou" de plus de dix ans à ce niveau là.
Egalement, les dégradations méditerranéennes automnales ont l'air d'avoir un peu perdu de leur superbe, notamment par manque de dynamisme récurrent.
Alors après, récurrence, dynamique différente, évolution des centres d'action principaux, comme Vincent je pense que nous n'avons pas assez de recul pour en déduire une véritable conclusion...
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